Elevage et génétique

Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /2007 10:55

Dans la race Akhal Téké, il existe une très grande variété de robes présentant souvent une nuance métallique doré ou argenté. Ce reflet métallique est caractéristique du cheval Akhal Téké bien qu'il soit plus ou moins visible selon chaque individu. Il peut faire ainsi des robes surprenantes telles que les fameux isabelle et palomino dorée qui ont valu le surnom de "cheval d'or" à l'Akhal Téké.

 

Voici la photo de l'étalon Kessedag appartenant à Mr et Mme Bues, présentant une robe isabelle avec cette nuance métallique dorée

 

 

Mais l'intérêt de la race en terme de couleur, c'est la très grande variété des robes : on trouve ainsi en grande majorité les robes simples telles que le bai et l'alezan du foncé au clair, et le noir très apprécié en Russie et au Turkménistan.

 

Voici la photo de l'étalon Azan appartenant à Mme Chauvet, présentant une robe noire homozygote

 

 

 

Dans les robes dilluées, on trouve en majorité des isabelles du foncé au clair.  Plus rarement on va trouver des robes palomino (gène crème sur gène alezan), des robes crèmes aux yeux bleus, des robes chocolat (gène crème sur gène noir) ainsi que des robes grises plus ou moins claires et métalliques selon la robe de base (noir, alezan, bai, isabelle)

 

Voici l'étalon Akhal Teke Schiallazar, appartenant à Tina Wenman, présentant une robe crème métallique et des yeux bleus

 

Par Nathalie - Publié dans : Elevage et génétique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /2007 10:59

Suite au sujet "critères pour avoir du sang" lancé par un internaute sur le forum de www.acheval.net , je trouve très intéressant de revenir sur cette notion où le cheval Akhal Téké est partie prenante.

 

Tout d'abord si on s'en tient à la terminologie de pur sang, on remarque que la nomenclature des races posée par les haras nationaux ne désigne sous le terme de "pur sang" que le pur sang anglais. La deuxième race à avoir ce qualificatif est la race Akhal Téké dite "Akhal Téké de pur sang " et non pur sang Akhal Téké. Les haras nationaux ont décidé de faire cette différence pour la seule raison de ne pas le confondre avec le pur sang anglais désigné sous le terme de "pur sang".

On remarque que le cheval arabe n'a pas le qualificatif de pur sang : il est désigné sous le terme de "cheval arabe". Pourquoi ? Car la race arabe a fait l'objet de croisements avec des juments autochtones selon les lieux d'élevage et a donné ainsi naissance à l'arabe polonais, à l'arabe russe, à l'arabe espagnol...Seules certaines lignées dites de souches bédouines peuvent être qualifiées de pur sang.

 

Donc à première vue, la notion de pur sang serait liée à des races dont le studbook est fermé à tout apport de sang extérieur et qui s'appuieraient donc sur le principe de la consanguinité : en anglais ce que l'on appelle l'inbreeding. Cependant, si le critère d'un studbook fermé est nécessaire à la notion de pur sang, il n'est pas suffisant. L'autre critère est celui d'avoir du "sang".

 

Que veut dire "avoir du sang " ?

Les chevaux de sang sont originaires des steppes d'Asie centrale (chevaux turkmènes aujourd'hui Akhal Téké) puis se sont étendus vers le moyen orient et la péninsule arabique (cheval arabe). Ces chevaux dits orientaux ont été largement utilisés en Europe pour donner du "sang" aux races européennes plus lourdes.

 

Selon moi, "avoir du sang " ne se limite pas à un aspect esthétique de finesse et de légèreté du modèle, ni à un tempéremment vif et nerveux.

Il faut entendre l'expression "avoir du sang" au sens physiologique du terme, c'est à dire être capable de fournir un effort intense de manière soudaine (ce qui sous entend un grosse capacité cardiaque) pour échapper à un prédateur : le fameux instinct de survie des animaux sauvages. Ainsi pour moi, l'espèce équine la plus sanguine, c'est le zèbre.

 

Le sang n'a rien à voir avec la domestication et encore moins avec le dressage. Donc le fait q'un cheval obéisse aux aides au quart de tour n'est pas du tout un signe de sang.

 

Un cheval qui a du sang est un cheval qui a gardé l'instinct sauvage lui donnant une extrème réactivité dans des situations quotidienes de survie. Cette réactivité est associée à une très forte émotivité à son environnement pour percevoir les dangers.

Le fait de domestiquer le cheval lui enlève donc cet instinct sauvage et le "sang", à moins de l'entretenir par une utilisation spécifique comme les courses de vitesse par exemple qui rappelle la fuite face au prédateur.

 

Course de chevaux Akhal Tékés au Turkménistan :

 

 

Les tribus nomades d'Asie centrale et du Moyen Orient ont su garder cet instinct et cette émotivité par l'utilisation qu'ils avaient de leurs chevaux. De même, le pur sang anglais est devenu un cheval de sang du fait de la sélection sur sa réactivité et sa vitesse.

A contrario, des pur sang non sélectionnés sur ces critères perdraient le "sang" au fil des générations.

On peut dire de même pour les chevaux Akhal Tékés...

 

 

Par Nathalie - Publié dans : Elevage et génétique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 21:46

Le cheval Akhal Téké de pur sang ne présente pas un modèle homogène mais plusieurs modèles et types le caractérisent selon les critères de sélection propres à son utilisation et à son lieu d’origine. Selon Belenogov en 1955 (zootechnicien russe), on peut distinguer 3 types d’Akhal Tékés :

   - le modèle 1 dit principal : grande taille, tête longue parfois busquée, oreilles longues, grands yeux expressifs, encolure longue et fine, poitrail profond, garrot prononcé, dos long.

Sont représentatifs de ce modèle : chevaux de lignée Everdi Teleke

- le modèle 2 dit moyen : taille moyenne, tête fine et légère, grands yeux expressifs, oreilles moyennes, structure osseuse sèche

Sont représentatifs de ce modèle : les lignées Yel, Posman, Toporbai, Sapar Khan

 

 

- le modèle 3 dit massif : grande taille, forte ossature, lignes longues

Sont représentatifs de ce modèle : les lignées Arab et Dor Bairam

 

 Cependant on note des modèles intermédiaires mélangeant les caractériques des types. : exemple la lignée Gelishikli qui présente des caractéristiques du type 1 et du type 2.

   

 Quelques mots sur l’importance des lignées :

Qu’est ce qu’une lignée ? Il s’agit de la descendance d’un étalon fondateur ayant transmis à sa progéniture certaines caractéristiques qui lui sont propres et qui donne à cette descendance une certaine homogénéité de type et de modèle. Dans la race Akhal Téké, c’est uniquement le père qui donne la lignée.

 

Bien évidemment, la transmission des caractères génétiques n’est jamais absolue et reste aléatoire : ce qui explique que certains chevaux s’inscrivent dans le modèle de leurs lignées et d’autres pas. Cependant, les étalons fondateurs de lignées sont reconnus pour transmettre leurs caractéristiques de manière plus probante que les autres étalons.

 

Les questions que l’on peut se poser :

- que reste-t-il des caractéristiques d’un étalon fondateur au bout de 10 générations ?

- pourquoi la lignée se transmettrait uniquement par le père ? alors qu’un poulain hérite de 50% du patrimoine génétique de ses 2 parents.

Tout d’abord, une lignée ne se détermine qu’à posteriori après analyse de la descendance du point de vue de son importance et de ses caractéristiques transmises.

C’est tout le travail réalisé par les russes dans la 2ème moitié du 20ème siècle.

 

 A noter que les russes travaillent à la constitution de lignées maternelles mais les informations à ce sujet sont très peu développées.


                                                                 ******************

J'ai pu constaté les types suivants en fonction des lieux d'élevage :

 

1-  Le modèle turkmène actuel

  critères de sélection :

        -         grande taille

-         constitution sèche

-         encolure longue, perpendiculaire ou renversée

-         rapidité et réactivité

 

 Cependant, j’ai pu remarqué des différences de modèles selon la prédilection pour 1 ou plusieurs critères :

ÄUn modèle « course » où la rapidité constitue le seul critère de sélection avec par conséquent un appauvrissement du type. Ces modèles sont surtout secs et très élancés.

C’est en général le cas des chevaux de lignée Karlavach et Yel.

 

Kambar lignée Karlavach 

  undefined

 

Ä Un modèle très typé répondant aux critères orientaux : il s’agit de chevaux à l’encolure longue, perpendiculaire ou renversée présentant souvent un modèle qualifié par les occidentaux de « cheval monté à l’envers ».

On y trouve en général des chevaux de lignée Kir Sakar, Kaplan, Everdi Teleke, Peren

 

Keimir 2 lignée Kir Sakar

undefined  

 
Piyada lignée Peren


undefined


2 - Le modèle russe classique défini par Vladimir Schamborant :

critères de sélection :

        -         encolure longue et souple

-         attache de tête fine

-         tête petite et racée

-         rapidité

 

Ce modèle combine à la fois une conformation esthétique et un type oriental avec le souci de la performance en course de vitesse.

Les lignées représentatives de ce modèle sont les lignées :

-         Gelishikli  branche Yulduz

-         Fakirpelvan branche Opal

-         Sere

-         Posman

-         Yel branche Sovkoz 2

 

Ces modèles d’Akhal Tékés sont représentatifs des grands élevages russes tels que ceux de Stavropol, de Shael et du Daghestan.

 

 

Yulduz lignée Gelishikli

   undefined

 Murgab lignée Posman

 


3 -  
Le modèle « sport » (développé au Kazakhstan)

        -         grande taille

-         ossature et musculature développée

-         conformation harmonieuse

-         aptitudes aux disciplines classiques et/ou rapidité

 

Ce modèle se rapproche du cheval de sport occidental et perd donc du type oriental.

Les lignées représentatives sont en général les lignées :

-         Arab

-         Gelishikli branche Gundogar

-         Fakirpelvan branche Khalif

 

  

 

Absent lignée Arab

 

 

 

Gigant lignée Gelishikli

 

 

 

undefined

 

4 -  Evolution actuelle des modèles Akhal Téké

 

 En Russie : on relève 2 tendances :

-         pour répondre à la demande croissante du marché européen et américain, les éleveurs privilégient les critères de sélection suivants :

·        plus de taille

·        plus d’ossature

·        plus d’aptitudes aux disciplines classiques

-         une prédilection pour le modèle et allures basée sur l’esthétisme du cheval avec les critères de sélection suivants :

·        de plus en plus de type

·        conformation « idéale »

 

En Europe : on ne peut pas parler de réelle sélection des modèles, du fait de plusieurs raisons :

-         forte dispersion des reproducteurs du fait de l’absence d’élevage d’envergure

-         amateurisme

-         manque de connaissance de la race

-         changement des méthodes d’élevage : alimentation / soins

-         biotope différent

-         utilisation différente du cheval : pas de sélection sur la vitesse, désir d’adaptation aux disciplines classiques (dressage, endurance, CSO), cheval d’agrément

 


Dans ce nouvel environnement sans réel fil directeur, l’Akhal Téké va vraisemblablement évoluer mais vers quoi ?

Ajoutons à cela la difficulté pour les akhal téké de rentrer dans le moule du cheval occidental qui se réparti en 3 groupes :

-         les chevaux de courses : domaine réservé aux pur sang anglais, anglo, arabes

-         les chevaux de sport : selle français / anglo / …

-         les chevaux de loisirs

 

Par Nathalie - Publié dans : Elevage et génétique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /2007 14:31

C'est pas toujours évident d'introduire un nouveau cheval dans un troupeau. On se demande comment il va être accepté, s'il ne va pas y avoir de rejet ou de coup de pied malheureux. Les rapports de dominance entre chevaux ne sont pas évidents à anticiper. Cependant un cheval plus âgé semble s'imposer de manière plus forte qu'un jeune. Le caractère du cheval est aussi très important : certains chevaux n'osent pas remettre en cause l'autorité des dominants et s'affichent d'emblée comme des dominés. D'autres cherchent systématiquement à être leader du groupe. 

 

L'introduction de Sezia avec mes 2 autres juments s'est très bien passée. Après une semaine de voisinage en paddock, les 3 juments ont été déplacées dans un nouveau pré (un nouveau territoire). J'ai pris soin d'introduire la plus âgée en premier (la nouvelle) puis les 2 autres juments. Apparemment tout le monde s'entend à merveille.

 

 

Par Nathalie - Publié dans : Elevage et génétique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /2007 10:19

La race Akhal Téké est porteuse du fameux gène crème qui fait des couleurs claires très appréciées telles que l'isabelle, le palomino, le cremello ou le perlino.

Le gène crème est un gène diluant qui éclaircit la robe de base du cheval.

Il existe 2 robes de base : le noir et le fauve (alezan).

Le bai est parfois assimilé à une robe de base mais il est en fait une robe noire diluée par le gène agouti dont la particularité est de rabattre le pigment noir vers les extrémités laissant place au pigment fauve sur le reste du corps. Le gène agouti est un gène dominant dans la race équine.

Le gène crème  (Ccr) peut donc s'associer avec du gène noir (A), du gène alezan (aa) et du gène agouti (a) ainsi que du gène gris.

 

Il faut cependant savoir qu'il existe plusieurs formules de robe : ainsi un cheval alezan peut être porteur uniquement du gène alezan ( ee ) mais peut aussi être porteur du gène agouti (ee aa) car le gène agouti n'a aucune influence sur le gène alezan. Ce détail est d'une grande importance en terme d'hérédité car un poulain hérite à la naissance de 50% du patrimoine génétique de ses 2 parents. En terme de robe, il héritera d'un allèle de son père (constitué par une association de gènes) et d'un allèle de sa mère. C'est pourquoi 2 chevaux alezan peuvent avoir un poulain bai.

Il en va de même pour la robe bai qui peut être porteuse du gène alezan. Et de la robe noire qui a 2 formules génétiques : formule homozygote en noir ( AA AA) ou formule hétérozygote avec gène noir et gène alezan (AA ee)

 

 

Lorsque on veut connaître la robe d'un futur poulain il ne faut donc pas raisonner en terme de robe mais en terme de formule génétique des parents ! A partir de l'association des formules génétiques des parents, on détermine des probabilités de robes. Une règle essentielle de la génétique : tout est une question de probabilité ! On a tant de pourcentage de chance d'avoir un cheval de telle ou telle robe. Plus la formule génétique est complexe plus on a de possibilités de robes.  La sélection de robes particulières (robe crème, robe noire..) amène une réduction de la diversité génétique et les chevaux sont presque tous porteurs de la même robe.

En ce qui me concerne, l'intérêt de la race Akhal Téké est la grande diversité de ses robes qu'il faut préserver.

 

 

Pour en revenir au gène crème, il est présent dans les robes suivantes  :

- la robe isabelle : association du gène agouti et du gène crème avec présence ou non du gène alezan

 

Lamart - robe isabelle dorée

 

 

 

 

- la robe palomino : association du gène alezan et du gène crème

 

 

Suncheli - robe palomino dorée

 

- la robe cremello : association de 2 gènes crème sur une robe de base alezan

 

 

Schiallazar - robe cremello

 

- la robe perlino : association de 2 gènes crème sur une robe bai

 

 

Ekemen - robe perlino

 

Mais aussi il peut être présent de manière cachée dans les robes suivantes :

- la robe noire : association d'un gène noir homozygote ou hétérozygote avec un gène crème. Il faut savoir que le gène crème agit très faiblement voire quasiment pas sur le gène noir. Ces chevaux ont une robe noire nuancée. Il n'existe pas de terme appropriée à cette robe. Ainsi ces chevaux sont parfois qualifiés de bai brun foncé, ce qui est une erreur ! Les américains ont une dénomination spécifique pour cette robe : smoky black (noir fumé)

 

 

 

 

 

Karakaisu - robe noire avec gène crème

 

- la robe grise : association d'un gène gris et d'un gène crème sur une robe de base alezan, bai ou noire. Le gène gris ne peut être transmis que si l'un des 2 parents ou les 2 sont gris. Sa particularité est de détruire la couleur.

Par Nathalie - Publié dans : Elevage et génétique
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés