Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /2008 19:19

Importer un Akhal Téké de Russie est le rêve de nombreux passionnés de la race. La plupart du cheptel français actuel est d’ailleurs constitué par des chevaux importés, quoi de plus naturel pour une race étrangère !  Si certaines personnes ont importé des chevaux en nombre important il y a quelques années, aujourd’hui ce sont surtout des particuliers qui font la démarche d’importer leur propre Akhal Téké. En tant que passionnée de la race, je n’ai pas échappé à cette tentation et vous en donne mes propres impressions relatives à mes diverses expériences en la matière.

 

   

 

 

    


Seziia est la dernière venue dans mon élevage. Tout comme deux autres de mes chevaux, elle vient du berceau de la race. Elle est arrivée début octobre après un long voyage de presque 10 jours depuis le sud de la Russie. Amaigrie par ce long périple elle m’est apparue toute frêle sur ses longues jambes mais aussi racée qu’elle était en Russie lorsque je l’ai découverte pour la première fois dans un élevage plutôt connu de la province de Krasnodar. Malgré son manque d’état, Seziia était en bonne santé et très bien élevée quoique distante et un peu méfiante avec moi. Mais un Akhal Téké ne donne pas sa confiance en quelques jours !

 

 
 Elle est arrivée en camion avec d’autres de ses congénères livrés en Allemagne, en France et jusqu’en Espagne. C’est un dimanche matin à 6h que nous l’avons récupérée sur un parking du côté de Narbonne. Le camion avait l’air confortable et le conducteur bien expérimenté avec les chevaux malgré le peu de parole échangée car il ne parlait que le russe…

 

  

Mais qu’importe elle était enfin là car faire venir un cheval de Russie prend un certain temps et il est quasiment impossible de définir le jour exact d’arrivée du cheval. L’entrée du cheval dans l’Union Européenne nécessite en effet de produire des documents administratifs (certificat vétérinaires, fiche de transit, passeport du cheval, feuille de route) qui sont scrupuleusement validés par les autorités douanières. C’est au vendeur et au transporteur de réaliser l’ensemble de ces documents. Cependant, le dédouanement du cheval ne peut se faire qu’à son arrivée en France par l’acheteur lui-même. Mais alors bon courage car la procédure de dédouanement reste à ce jour pour moi un grand mystère quand on voit la complexité et les méandres de cette machine administrative. Donc le mieux est de passer par un transitaire qui s’occupe de toutes ces formalités et c’est ce que j’ai fait.

 

 

  

Mais le plus difficile dans cette aventure n’est pas lié à la production de tous ces papiers administratifs, mais plutôt à la recherche du bon cheval et du bon vendeur ! Car importer de Russie demande une forte dose de confiance envers son interlocuteur. Nous ne sommes pas protégés par les lois de l’Union Européenne et un acheteur tatillon tel que l’on voit couramment en France devra se plier aux exigences du marché russe…et payer tout d’avance ! Pour parler finances, je tiens aussi à faire remarquer que cette aventure a bien évidemment un prix important du fait du coût du transport et des formalités administratives diverses. Quant au prix du cheval, en Russie l’éventail des prix est beaucoup plus large qu’en France et dépend de la valeur du cheval. 0n peut ainsi trouver de superbes spécimens à plus de 20000 € ! Mais que ne ferait-on pas pour avoir le cheval de ses rêves ? Une chose est sûre il fait trouver la bonne personne avec qui on peut dialoguer. En effet, les grands élevages russes restent encore très fermés du fait de la langue et il est quasiment nécessaire de passer par un intermédiaire ou du moins par un interprète qui assure la liaison entre le vendeur et l’acheteur. Cependant, certains éleveurs russes se tournent vers le marché international grâce à l’utilisation de l’anglais et d’internet. Internet est un fabuleux outil qui révolutionne le monde entier et le petit monde de l’Akhal Téké n’y échappe pas fort heureusement ! C’est ainsi que j’ai pu rentrer en contact avec certains éleveurs russes et trouver les chevaux que je recherchais après maintes discussions et un déplacement sur le terrain. Et Seziia la dorée est venue rejoindre mes deux autres russes : la bai brune Djemma et l’étalon noir Karakaisu.

   

 

En guise de conclusion, je dirais qu’importer un Akhal Téké de Russie est avant tout une question de passion, de patience et de confiance…. Ainsi que de chance. Alors avis aux amateurs….

  

 

Article paru dans le bulletin de l'Association Akhal Téké France de Janvier 2008

Par Nathalie - Publié dans : divers
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Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /2007 13:14

Le comportement d'un cheval est le résultat de la combinaison de nombreux facteurs : son caractère de naissance, son apprentissage avec sa mère et ses congénères, sa relation avec l'homme et son éducation tout au long de sa vie.

Bien évidemment l'éducation et la manipulation d'un cheval sont très importantes dans la construction de sa personnalité. Mais en tant qu'éleveur, je m'intéresse au caractère inné du cheval. Car si on peut agir sur l'éducation d'un cheval, on ne peut pas modifier un caractère de base. Un cheval peureux aura toujours besoin d'être en confiance pour avancer. Un cheval dominant essaiera toujours de remettre en cause l'autorité face à un cavalier hésitant. J'ai constaté en observant mes chevaux que ceux ci reproduisaient toujours les mêmes comportements face à une situation difficile... les chevaux sont très prévisibles ! ce qui confirme que leur caractère inné est bien présent et qu'il ne peut être modifié.

 

C'est pourquoi la sélection des reproducteurs sur leur caractère est très importante à mes yeux. Certaines personnes pensent que l'Akhal Téké est un cheval difficile et que seule une élite de cavaliers peut être digne de les monter. C'est vraiment abbérant ! Certains aussi trouvent normal qu'un akhal téké soit difficile...Comme dans toutes les races, il y a des sujets plus ou moins difficiles, plus ou moins faciles.

C'est le travail des éleveurs de sélectionner des reproducteurs ayant un bon mental et d'écarter de la reproduction les chevaux difficiles.

 

Par Nathalie - Publié dans : Elevage et génétique
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Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /2007 12:33

La robe de mon étalon Karakaisu m'a toujours posé question.

A première vue, sa robe apparaît noire, cependant à la lumière il prend des nuances fauves notamment au niveau des crins et du ventre. S'agit-il d'un vrai noir ou d'un bai brun foncé ou encore d'un plus rare smoky black (noir fumé) dont la particularité serait de posséder le gène crème ?

 

Son père est isabelle (gène crème et gène agouti) et sa mère alezan (gène alezan avec ou non présence du gène agouti). Karakaisu peut donc être porteur du gène noir, du gène agouti, du gène alezan, du gène crème : impossible de trancher sur une robe exacte !

Pour résoudre définitivement le mystère, j'ai envoyé un prélèvement sangin au laboratoire LABOGENA. Les premiers résultats ont fait apparaître la présence du gène crème et celle du gène alezan.

J'attends la suite des résultats concernant le gène agouti et le gène noir. Mais il est certain à présent que Karakaisu n'est pas porteur du gène agouti car il serait isabelle. Il est aussi surement porteur du gène noir car il serait sinon palomino !

 

En terme de reproduction , Karakaisu est très intéressant car il peut produire de très nombreuses robes :  

- avec une jument bai :  bai, alezan, isabelle et aussi si gène alezan présent : noir , smoky black et palomino

- avec une jument alezan : alezan, noir, palomino, smoky black et aussi si gène agouti présent : bai et isabelle

- avec une jument noire : si homozygote : noir ou smoky black, si hétérozygote : rajouter alezan et palomino

- avec une jument palomino : idem que pour une jument alezan + possibilité robe cremello

- avec une jument isabelle : idem que pour une jument bai + possibilité robe cremello

- avec une jument grise : tout dépend de la robe de base de la jument. Dans tous les cas 1 chance sur 2 d'avoir un poulain gris.

Résultats définitifs de LABOGENA :

Formule génétique de coloration de Karakaisu : aa Ee Ccr

Noir homozygote (aa) sur le 1er chomosome et hétérozygote sur le 2ème chromozome avec allèle alezan (Ee) et allèle crème (Ccr).

Par Nathalie - Publié dans : Elevage Alaman
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Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /2007 10:19

La race Akhal Téké est porteuse du fameux gène crème qui fait des couleurs claires très appréciées telles que l'isabelle, le palomino, le cremello ou le perlino.

Le gène crème est un gène diluant qui éclaircit la robe de base du cheval.

Il existe 2 robes de base : le noir et le fauve (alezan).

Le bai est parfois assimilé à une robe de base mais il est en fait une robe noire diluée par le gène agouti dont la particularité est de rabattre le pigment noir vers les extrémités laissant place au pigment fauve sur le reste du corps. Le gène agouti est un gène dominant dans la race équine.

Le gène crème  (Ccr) peut donc s'associer avec du gène noir (A), du gène alezan (aa) et du gène agouti (a) ainsi que du gène gris.

 

Il faut cependant savoir qu'il existe plusieurs formules de robe : ainsi un cheval alezan peut être porteur uniquement du gène alezan ( ee ) mais peut aussi être porteur du gène agouti (ee aa) car le gène agouti n'a aucune influence sur le gène alezan. Ce détail est d'une grande importance en terme d'hérédité car un poulain hérite à la naissance de 50% du patrimoine génétique de ses 2 parents. En terme de robe, il héritera d'un allèle de son père (constitué par une association de gènes) et d'un allèle de sa mère. C'est pourquoi 2 chevaux alezan peuvent avoir un poulain bai.

Il en va de même pour la robe bai qui peut être porteuse du gène alezan. Et de la robe noire qui a 2 formules génétiques : formule homozygote en noir ( AA AA) ou formule hétérozygote avec gène noir et gène alezan (AA ee)

 

 

Lorsque on veut connaître la robe d'un futur poulain il ne faut donc pas raisonner en terme de robe mais en terme de formule génétique des parents ! A partir de l'association des formules génétiques des parents, on détermine des probabilités de robes. Une règle essentielle de la génétique : tout est une question de probabilité ! On a tant de pourcentage de chance d'avoir un cheval de telle ou telle robe. Plus la formule génétique est complexe plus on a de possibilités de robes.  La sélection de robes particulières (robe crème, robe noire..) amène une réduction de la diversité génétique et les chevaux sont presque tous porteurs de la même robe.

En ce qui me concerne, l'intérêt de la race Akhal Téké est la grande diversité de ses robes qu'il faut préserver.

 

 

Pour en revenir au gène crème, il est présent dans les robes suivantes  :

- la robe isabelle : association du gène agouti et du gène crème avec présence ou non du gène alezan

 

Lamart - robe isabelle dorée

 

 

 

 

- la robe palomino : association du gène alezan et du gène crème

 

 

Suncheli - robe palomino dorée

 

- la robe cremello : association de 2 gènes crème sur une robe de base alezan

 

 

Schiallazar - robe cremello

 

- la robe perlino : association de 2 gènes crème sur une robe bai

 

 

Ekemen - robe perlino

 

Mais aussi il peut être présent de manière cachée dans les robes suivantes :

- la robe noire : association d'un gène noir homozygote ou hétérozygote avec un gène crème. Il faut savoir que le gène crème agit très faiblement voire quasiment pas sur le gène noir. Ces chevaux ont une robe noire nuancée. Il n'existe pas de terme appropriée à cette robe. Ainsi ces chevaux sont parfois qualifiés de bai brun foncé, ce qui est une erreur ! Les américains ont une dénomination spécifique pour cette robe : smoky black (noir fumé)

 

 

 

 

 

Karakaisu - robe noire avec gène crème

 

- la robe grise : association d'un gène gris et d'un gène crème sur une robe de base alezan, bai ou noire. Le gène gris ne peut être transmis que si l'un des 2 parents ou les 2 sont gris. Sa particularité est de détruire la couleur.

Par Nathalie - Publié dans : Elevage et génétique
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Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /2007 14:31

C'est pas toujours évident d'introduire un nouveau cheval dans un troupeau. On se demande comment il va être accepté, s'il ne va pas y avoir de rejet ou de coup de pied malheureux. Les rapports de dominance entre chevaux ne sont pas évidents à anticiper. Cependant un cheval plus âgé semble s'imposer de manière plus forte qu'un jeune. Le caractère du cheval est aussi très important : certains chevaux n'osent pas remettre en cause l'autorité des dominants et s'affichent d'emblée comme des dominés. D'autres cherchent systématiquement à être leader du groupe. 

 

L'introduction de Sezia avec mes 2 autres juments s'est très bien passée. Après une semaine de voisinage en paddock, les 3 juments ont été déplacées dans un nouveau pré (un nouveau territoire). J'ai pris soin d'introduire la plus âgée en premier (la nouvelle) puis les 2 autres juments. Apparemment tout le monde s'entend à merveille.

 

 

Par Nathalie - Publié dans : Elevage et génétique
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