Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 13:18

Voici un sujet très controversé dans la race Akhal Téké ! Mais après avoir entendu des dérives inquiétantes à ce sujet, je souhaite apporter mon point de vue.

A titre d'information ou de rappel, le stud-book de la race a été créé par les russes dans la première moitié du 20è siècle. De la fin du 19è jusque dans les années 30, la race a fortement périclité en effectif et a fait l'objet de croisements avec des pur-sang anglais afin de répondre à la demande croissante de chevaux de course sur hippodrome. Face à cette situation, les russes ont décidé de créer un stud-book où ont été répertoriés un certain nombre de chevaux turkmènes de race pure mais aussi quelques demi-sang qui entraient dans le standart défini de la race et avaient des origines intéressantes. A partir de ce moment là (vers 1930), le stud-book a été fermé, c'est à dire que seuls les descendants de ces chevaux inscrits au 1er livre constituent la race Akhal Téké.

Il s'agit donc d'une pureté relative si l'on prend en compte cet apport de sang anglais même très limité. Si le souci des éleveurs avait été de réduire cet apport de sang étranger, il est fort à parier que la proportion serait de nos jours infime et nous aurions encore des sujets de pure race, à savoir issus exclusivement d'un environnement génétique turkmène. Mais actuellement, il n'existe plus de chevaux "purs" (sans apport de sang anglais), les chevaux issus de l'élevage russe tournent entre 1 et 6% de sang anglais et ceux de l'élevage turkmène entre 6 et 15% !

L'explication est simple : les éleveurs turkmènes sélectionnent leurs chevaux pour les courses de vitesse et privilégient ainsi dans leur sélection les origines anglaises (dans le jargon on parle de linebreeding sur les souches anglaises), ceci afin d'augmenter la vitesse. Ceci explique le succès de certains chevaux tels que Kambar qui totalise dans ses gènes près de 10% de sang anglais. Certaines lignées sont ainsi fortement imprégnées de sang anglais : lignées Karlavach, Kir Sakar, Kaplan, Yel. Les caractères génétiques du pur-sang anglais se manifestent au travers de la performance mais aussi de la conformation de ces chevaux au corps tubulaire, fait en descendant. On arrive à un modèle anglo-téké fin et élancé très apprécié par les turkmènes mais aussi par les étrangers.
En Russie, la sélection a fait l'objet d'autres préoccupations, et notamment le désir de race "pure". Ceci a été le critère majeur de sélection de l'éleveur russe Vladimir Shamborant dont le travail est à la base de l'élevage russe actuel. Cet éleveur a d'abord répertorié les chevaux issus exclusivement de souches turkmènes et a mis en place son propre programme de sélection basé sur des chevaux "purs" ou presque. A partir de l'étalon Fakirsulu, il a ainsi créé les lignées Gelishikli et Fabirpelvan, à la base de son élevage. Son travail a fortement marqué l'élevage russe et est une des raisons de la supériorité de l'élevage russe sur l'élevage turkmène.

Cependant depuis 1995, ouverture de la race Akhal Téké au marché occidental, les choix de sélection ne sont plus motivés uniquement par les idéaux de certain éleveurs ou sélectionneurs, mais aussi et principalement  par des raisons économiques et financières. Alors on oublie les anciens concepts de pureté et on sélectionne essentiellement sur l'apparence du cheval : le "beau" cheval, c'est vendeur et sur la vitesse car on assimile l'Akhal téké au pur sang anglais et on gagne ainsi en prestige et en dollar ou en euros !

Pire on invente un nouveau sens au concept de pureté !!! Selon les nouveaux éleveurs russes, la pureté est un signe d'excellence, les chevaux purs sont désormais des chevaux dits d'excellence. Mais qu'es-ce que l'excellence ? C'est faire reproduire le meilleur avec le meilleur. Mais le meilleur en quoi ? Les réponses de ces éleveurs et autres sympathisants s'arrêtent là... Ils renchérissent en disant que la pureté est une question de culture et d'art.
Et afin de rendre ceci plus crédible, on s'appuie sur de pseudo-révélations historiques selon laquelle les anciens turkmènes s'attachaient à cette vision du cheval et de l'élevage

Pour ajouter à la polémique, vient désormais se greffer la régularisation des chevaux Akhal Téké nés au Turkménistan après 1995, date d'indépendance de ce pays et de coupure avec le stud-book russe. En effet, les turkmènes avaient décidé de mettre en place leur propre stud-book, indépendant du stud-book originel russe. Malheureusement, c'est le fiasco total et le désir irrépréssible des turkmènes de croiser avec des pur-sang anglais revient au grand galop ! à ce moment là c'est la totale divergence entre les russes et les turkmènes. Depuis l'année dernière, un rapprochement a été opéré entre les 2 pays et il est désormais question de réintégrer les chevaux issus de parents inscrits au stud-book russe dans ce dernier. La mission est bien évidemment orchestrée par Tatiana Riabova qui dirige la race envers et contre tous depuis des années. Le travail s'anonce bien évidement long et fastidieux mais aussi et certainement (enfin on l'espère) rigoureux.

Cette polémique a malheureusement fait émergé des idées inquiétantes : pourquoi ne pas introduire dans le stud-book des chevaux non inscrits du fait d'origine anglaise introduite après 1930 mais qui présenteraient un beau modèle selon les critères de la race ? Ce qui veut dire, pourquoi ne pas ouvrir le stud-book sur des critères d'apparence extérieure ? Pour ma part, aller dans cette direction, c'est ouvrir la boîte de Pandore ! La motivation principale de ces gens est de réintroduire les "beaux" chevaux laissés au bord de la route. Si encore le souci était d'ordre génétique, à savoir faire reculer le taux d'inbreeding inquiétant de la race, mais non, même pas. La dérive est à mon sens très inquiétante et même si il faut réfléchir à l'ajout de sang neuf dans la race, cette récente direction est pour moi la mauvaise !

Par Nathalie - Publié dans : Elevage et génétique
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /2009 13:59
Voici une video de notre étalon Karakaisu réalisée récemment.
Karakaisu est monté par Gabriel Andrieu, cavalier de concours complet.




Par Nathalie - Publié dans : Elevage Alaman
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /2009 18:05

Khadjali Alaman, poulain de 5 mois, lignée Posman, par Karakaisu et Zara.
Né à l'élevage Alaman Akhal Téké.
Plus d'infos sur le site www.alamanstud.com




Par Nathalie - Publié dans : Elevage Alaman
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /2009 11:08

Laurence Bougault et sa jument turkmène Almila ont réussi leur pari de rejoindre Ispahan en Iran à Paris !
Leur arrivée est prévue le 12 septembre à l'école militaire de Fontainebleau.
Après le légendaire raid Ashgabat - Moscou réalisé en 1935 pour démontrer la résistance et l'endurance des chevaux turkmènes, l'exploit est réitéré mais cette fois-ci vers l'ouest en traversant l'Europe.

Par Nathalie - Publié dans : évènements
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Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /2009 15:00

La race Akhal Téké est présente en France depuis plus de 10 ans : la grande majorité du cheptel actuel est arrivée à la fin des années 90 et début 2000. On compte actuellement un peu plus de 200 chevaux inscrits au stud-book, deux fois plus qu'au début des années 2000.
La cheptel reste cependant très restreint avec une douzaine de naissances par an et quelques importations selon les années. De même, le nombre d'élevage reste limité : on compte environ 5 éleveurs en activités et quelques éleveurs occasionnels.

Le fait est que l'Akhal Téké reste encore peu connu ou mal connu. Il attire essentiellement les passionnés, les afficionados de la race, et n'arrive pas à élargir son public. Une question que j'entends souvent : que fait on avec un Akhal Téké ? Beaucoup de gens répondent : de tout ! Malheusement la polyvalence n'est pas vraiment recherchée : les cavaliers se définissent essentiellement par leur pratique : CSO, dressage, complet, endurance, loisir...

L'Akhal Téké a du mal à rentrer dans ces "tiroirs".  Plusieurs raisons à ce phénomène.

Tout d'abord, il faut avoir à l'esprit que l'Akhal Téké a été sélectionné depuis presque 100 ans pour la course de vitesse sur hippodrome : vocation non originelle car l'Akhal Téké des nomades n'avait rien à voir avec les pur-sang de course même si les qualités de vitesse étaient recherchées, les qualités de fond, d'endurance et de résistance étaient bien plus importantes. Cette sélection est à la base de l'élevage turkmène actuel mais aussi de l'élevage russe
Depuis une quinzaine d'année, on sélectionne aussi l'Akhal Téké pour le show : concours de modèles et allures, essentiellement en Russie.
Plus rarement on trouve des chevaux sélectionnés pour le sport classique : c'était le cas de l'élevage au Kazakhstan avec le célèbre Absent, triple médaillé d'or au JO en dressage. Malgré quelques cas isolés, la race n'a pas véritablement pris le pas sur les races de chevaux de sport dans ces disciplines.

Le cheptel français et européen est donc issu de cette sélection russe et turkmène qui ne répond pas à nos attentes équestres : pas de courses de vitesse, pas de concours de beauté. (même si on voit se mettre en place un championnat européen qui tend à s'annualiser)
Certains se tournent vers l'endurance, discipline de prédilection pour une race orientale issue d'un biotype et d'une sélection proche du cheval arabe. Malheusement la sélection opérée depuis le début du 20ème siècle a fait peu à peu s'amoindrir les qualités inérentes à cette discipline et la concurrence avec l'arabe rend difficile la percée de l'Akhal Téké au niveau national et international.

Dans ce contexte, il est nécessaire à l'éleveur de définir réellement ce qu'il veut faire.
En France, il a été mis en place une forme de sélection qui s'impose à tous les éleveurs : classement des étalons reproducteurs en 3 catégories : A (recommandé), B (satisfaisant), C (non recommandé). La sélection se fait sur le type, la conformation et les allures : critères utilisés en concours de modèles et allures et se rapprochant des critères de sélection russes Cependant on constate une occidentalisation dans la vision du cheval "idéal", et donc un éloignement des critères originaux.


Alors quelle direction prendre pour les éleveurs?
Se diriger vers les courses de vitesse comme les turkmènes et les russes ? Des courses d'Akhal téké  à Longchamps me semblent un peu utopiques ..
Se diriger vers les disciplines classiques, pourquoi pas ? certains modèles Akhal Téké en ont le potentiel et les qualités à un niveau intermédiaire.
S'orienter vers le show ? l'élégance et la beauté de la race peuvent être largement mise en avant à l'instar du cheval arabe.
Sachant que nous sommes les leader mondiaux de l'endurance équestre et que l'Akhal téké a un vrai potentiel, pourquoi ne pas produire des chevaux d'endurance ?
Ou bien s'orienter vers une sélection originelle : faire de l'Akhal Téké "fondation" ??? en s'affranchissant des modes actuelles. Alors comment combiner passé et présent pour faire vivre l'Akhal Téké ?
Beaucoup de questions ... mais que tout éleveur devrait un jour se poser.

En terme d'élevage, le plus important est de savoir ce que l'on veut et où l'on va !

Par Nathalie - Publié dans : Elevage et génétique
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